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international Publié le 13 septembre 2021

Moscou veut faire trembler l'Otan

Crédit photo: menace entre l'Otan et la Russie

Sous l'oeil soucieux de leurs voisins d'Europe de l'Est, la Russie et le Bélarus ont lancé vendredi de grandes manoeuvres militaires communes, sur fond de tensions russo-occidentales récurrentes, chaque camp s'accusant de multiplier les actes hostiles.

Baptisés "Zapad 2021" (Ouest-2021), ces exercices doivent impliquer 200.000 militaires et se dérouleront sur neuf bases militaires russes, cinq bases bélarusses et en mer Baltique.

"Plus de 80 avions et hélicoptères, 760 véhicules de guerre, dont plus de 290 chars (...) ainsi que jusqu'à 15 navires participent aux manoeuvres", a indiqué le ministère russe de la Défense, qui a diffusé des images de sa flotte en mer Baltique.

Leur coup d'envoi a été donné au lendemain d'une nouvelle rencontre au Kremlin entre les présidents russe et bélarusse, Vladimir Poutine et Alexandre Loukachenko, qui ont estimé que ces opérations militaires relevaient du bon sens.

Elles "ne sont dirigées contre personne, mais leur tenue est logique, quand on voit d'autres alliances, l'Otan en particulier, qui accroît activement sa présence militaire aux frontières de l'Union" russo-bélarusse, a dit M. Poutine.

"Nous ne faisons rien d'autre que ce que font déjà nos adversaires et concurrents", a abondé M. Loukachenko.

Leurs voisins européens, Pologne et pays baltes en tête, s'inquiètent de manoeuvres qu'ils considèrent comme potentiellement déstabilisatrices.

Début septembre, le président polonais Andrzej Duda avait signé un décret sur l'introduction de l'état d'urgence pendant 30 jours à la frontière avec le Bélarus, en prévision de ces exercices et de crainte d'un afflux massif de migrants.

Il s'agit du premier état d'urgence en Pologne depuis la chute du communisme en 1989.

Fin août, la Lettonie, frontalière de la Russie et du Bélarus, avait lancé ses propres manoeuvres militaires mobilisant 10.000 soldats venus de huit pays, dont les Etats-Unis et la Pologne.

- Rapprochement russo-bélarusse -

Depuis qu'il a été sanctionné par l'Occident pour la répression d'un mouvement de contestation historique en 2020 et 2021, le président bélarusse a opéré un rapprochement accéléré avec Moscou, présentant son pays comme le dernier rempart de la Russie face à une éventuelle agression de l'Otan.

Les dirigeants des deux ex-républiques soviétiques, déjà liées par une alliance militaire, l'Organisation du traité de sécurité collective (OTSC), ont ainsi évoqué jeudi "la création d'un espace de défense unifié".

Ils ont aussi annoncé s'être entendus sur un renforcement de leur intégration économique dans le cadre de l'"Union Russie-Bélarus", une alliance datant de 1999 et longtemps restée au point mort.

Pendant des années, M. Loukachenko, qui tient à sa souveraineté, a joué les équilibristes entre la Russie et les Occidentaux, courtisant successivement les uns et les autres. Mais son isolement international croissant l'a récemment jeté dans les bras de Moscou.

Ce rapprochement se produit dans un contexte de tensions croissantes entre la Russie et l'Occident sur de nombreux dossiers, notamment depuis l'annexion de la Crimée ukrainienne par la Russie et le début en 2014 d'une guerre entre Kiev et des séparatistes pro-russes soutenus par Moscou.

Depuis, ce scénario inquiète les pays limitrophes. Dans une interview au journal Polska Times, le ministre polonais de la Défense, Mariusz Blaszczak, a estimé que les exercices russo-bélarusses testaient le "système immunitaire" de Varsovie.

D'après lui, ils offrent aussi à Moscou et Minsk l'opportunité de mener des "activités hybrides", comme "de la désinformation, des provocations et des incidents frontaliers".

Alors que Minsk est accusé d'encourager le passage de migrants vers l'UE pour se venger de sanctions occidentales, M. Blaszczak soutient que les manoeuvres pourraient être suivies d'une "pression migratoire accrue" sur la Pologne, la Lituanie et la Lettonie

TV5MONDE

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