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Politique Publié le 10 septembre 2021

Billon crache ses vérités aux caciques du PDCI : « Ceux qui s’opposent à la relève mènent un combat perdu d’avance »

Crédit photo: Billon crache ses vérités aux caciques du PDCI

 

Député à l’Assemblée Nationale, Secrétaire exécutif chargé de la Communication et de la Propagande, Jean-Louis Billon, était récemment sous les feux de rampe, après sa sortie où il militait pour le renouvellement générationnel. Dans cet entretien, il soutient que sa position n’a pas varié. Mieux Jean-Louis Billon invite les jeunes à faire preuve d’audace et à entrer en action pour favoriser le passage de témoin.

Votre candidature à la prochaine présidentielle que vous avez annoncée récemment est-elle irréversible?
C’est bien mon intention. Il faudrait que Dieu me donne longue vie. Parce que naturellement, les hommes font des projets et Dieu, dans son ciel sourit, il est le seul Maître du temps et donc le seul Maître de l’avenir.

Est-ce que vous comprenez les critiques qui sont formulées à votre endroit suite aux propos que vous avez tenus récemment sur la question du changement générationnel?

Être critiqué ne me pose aucun problème, chacun peut donner son avis, c’est ce qui fait la beauté d’une démocratie. Par contre, ceux qui s’opposent à l’avènement d’une relève, d’une nouvelle génération, mènent un combat d’arrière-garde, c’est un combat perdu d’avance. Il y aura une nouvelle génération indépendamment de moi ou de qui que ce soit. Ce que je constate, c’est que beaucoup ne sont pas sincères dans leurs critiques. Car ils critiquent le jour et la nuit, ils vous encouragent, vous félicitent et vous demandent avec insistance de tenir bon. (Rires).
Que répondez-vous à ceux qui pensent que c’est un peu déplacé que vous alliez faire votre déclaration de candidature pour la présidentielle de 2025 en dehors des instances du Pdci-Rda ?

Je pense que nous devons être logiques. Cette déclaration, je l’ai faite depuis le Bureau politique de juin 2020, où j’avais annoncé ma candidature pour la présidentielle. Ensuite, dans toutes les rencontres dans le cadre du Pdci-Rda, j’ai toujours été constant dans ma position. J’ai toujours dit qu’il fallait une nouvelle génération et que le Pdci viendrait au pouvoir avec une nouvelle génération. Depuis le meeting de Yamoussoukro qui a marqué la rupture avec le Rhdp, lorsque je m’étais adressé aux anciens, je les avais remerciés d’avoir maintenu le flambeau pour que la nouvelle génération puisse maintenant entrer en action et retrouver la maison du Pdci et la mener comme à l’époque.

Donc sur ce plan, j’ai toujours été constant. Et quand on s’approche de 2025, peut-être que certains sont frileux ou certains ont peur. Mais il faut préparer le parti pour l’échéance de 2025. Et pour cela, il faut donner la force à la relève, à cette nouvelle génération, qui incarne l’énergie, l’optimisme, pour apporter le changement nécessaire dont la Côte d’Ivoire a besoin.

Votre intention n’était donc pas de choquer les anciens ?

Non, pas du tout. Ecoutez-moi, je suis d’ethnie Djimini et nous avons un profond respect pour les aînés et les anciens plus que de nombreuses personnes en Côte d’Ivoire. Mais nous avons aussi une doctrine qui est que l’on envoie les jeunes au combat. Donc, c’est à nous de faire honneur aux anciens en leur ramenant la victoire. Autour de moi, il y a beaucoup d’anciens qui me conseillent et qui m’encouragent dans cette démarche parce qu’ils ont été très jeunes aux affaires et ils savent que c’est à la jeunesse de prendre les choses en main pour le futur.

Pouvez-vous dire que le président Bédié vous suit dans votre démarche ?

Le président Bédié est pour la relève, il milite pour la pérennité du Pdci-Rda. Dans ses propos, le président Bédié parle du futur régulièrement. Et il veut que le Pdci revienne au pouvoir avec sa nouvelle génération.

Vous avez indiqué que votre candidature pour 2025 est irréversible. Si à la Convention de votre parti, vous n’êtes pas choisi pour défendre les couleurs du Pdci-Rda, quelle démarche allez-vous adopter ?

Je serai choisi et j’en suis certain.

Monsieur le ministre, lors de votre dernière sortie, vous souligniez qu’à 75 ans, il est impossible d’être encore aux affaires au sommet de l’Etat. Votre déclaration vise-t-elle principalement ceux qui sont dans cette tranche d’âge ? Pouvez-vous préciser votre pensée ?

Non, pas du tout. Et mieux, je n’ai jamais dit qu’à 75 ans, on ne peut plus être aux affaires. Mes propos ont été sortis de leur contexte. Je parlais de l’OHADA (Organisation pour l'Harmonisation en Afrique du Droit des Affaires, ndlr) qui défend le droit des sociétés des pays membres qui la composent dont la Côte d’Ivoire en fait partie. Dans les droits des sociétés de l’OHADA, l’âge limite auquel on est dans l’instance dirigeante d’une société est de 75 ans.

Ceci pour dire qu’à 75 ans, on ne peut plus être dans les instances dirigeantes d’une société. Ce sont ces propos que certaines personnes ont interprété. Ce que je voulais dire, c’est que l’âge de la retraite existe dans toutes les corporations. La politique est le secteur où il n’y a pas de retraite. Peut-être qu’on peut y songer. C’est l’exemple que je donnais. Même chez les Evêques et les prêtres, il y a un âge pour aller à retraite.

Est-ce que vous avez le sentiment que vous avez impulsé une certaine dynamique à votre parti à l’issue de votre sortie qui fait couler beaucoup d’eau et de salive?

En tout cas, je l’espère parce que je sais que beaucoup de personnes ont apprécié cela. Il faut se souvenir de quelque chose. J’avais fait la promesse lors du Bureau politique de 2020 en me retirant de la course à la présidentielle, de faire en sorte que l’on accorde plus de place et plus de responsabilité aux jeunes. Et je l’avais dit haut et fort en soulignant que je prenais l’engagement devant le Bureau politique. On ne peut pas me reprocher aujourd’hui le fait que je mette en action mes propos d’hier. Et je reste constant.

Vous n’aviez pas peur d’être broyé par la machine Pdci-Rda après une telle sortie qui a écorché une certaine sensibilité ?

Avoir peur de quoi ? Nous sommes un parti démocratique. On ne doit pas avoir peur de dire la vérité parce que combattre le rajeunissement, combattre la nouvelle génération, c’est un combat perdu d’avance. Il faut plutôt avoir peur de se faire avaler par une vague de jeunes mécontents, pour la non prise en compte de leurs aspirations.

Vous avez déclaré que c’est une équipe de jeunes qui doit être aux affaires. Peut-on affirmer aujourd’hui que Jean-Louis-Billon est entouré d’une équipe de jeunes aux compétences variées ?

Dans toute ma carrière, j’ai toujours été entouré par des personnes. Je n’évolue jamais seul.

Etes-vous optimisme pour 2025 ? Comptez-vous engager la bataille avec détermination ?

Nous comptons gagner cette bataille de 2025 et nous allons nous donner les moyens pour cela.

Seriez-vous favorable au changement de la Constitution relativement à la limitation de l’âge pour la présidentielle de 2025 ?

La limite d’âge était déjà dans l’ancienne Constitution. On l’a enlevée et des voix s’élèvent aujourd’hui pour la remettre. Où ira la majorité ? Où est-ce que l’on mettra le curseur par rapport à l’âge ?  Nous sommes un pays qui est jeune. La grande partie des Ivoiriens a moins de 60 ans. Si un jour l’espérance de vie dépasse les 80 ans, ça sera à revoir. Mais il faut laisser aux Ivoiriens de décider.

Pensez-vous que le Pdci-Rda a des arguments pour la présidentielle 2025?

Oui, bien sûr. Et parmi ses arguments, il y a la dynamique de la nouvelle génération justement. C’est pour cela que le PDCI doit se structurer en vue des échéances électorales à venir. 2025 sera un passage de flambeau. La question de la relève ne concerne pas uniquement le PDCI, mais l’ensemble de la classe politique ivoirienne. C’est une problématique qui se pose à tous les partis politiques de Côte d’Ivoire. Le renouvellement de la classe politique ivoirienne commence maintenant, c’est un processus irréversible. Il existe aujourd’hui en Côte d’Ivoire, au PDCI, une alternative qui possède l’énergie, le leadership, la compétence et les valeurs nécessaires pour faire avancer ce pays : C’est la nouvelle génération. La relève. Elle apporte avec elle l’optimisme, l’espoir et le changement dont le pays a tant besoin pour un nouveau départ.

Quel regard portez-vous sur l'actualité politique nationale?

C’est une vaste question dont le développement requiert beaucoup de temps. Mais ce qu’il faut savoir, c’est que tout est en train de se mettre en place en vue de l’élection de 2025. Et quand je parle du renouvellement de la classe politique, je répète que c’est une problématique qui concerne l’ensemble des partis politiques. Aujourd’hui, nous parlons du PDCI mais la question se pose aussi bien au RHDP qu’au niveau de la gauche qui s’organise actuellement avec le Président Laurent Gbagbo. Comprenez donc que tous les regards sont tournés vers 2025. Une inquiétude persiste, devant la fragilité de nos Institutions, il nous faudrait un véritable processus de dialogue et de réconciliation pour que 2025 se passe dans la transparence et la paix

Quel est votre point de vue sur la situation politique en Guinée marquée par un coup d'État qui a renversé le président Alpha Condé?

Encore un coup d’Etat malheureusement. Aussi triste que cela soit, l’instabilité en Guinée était prévisible, c’est la raison pour laquelle la communauté internationale et les Institutions condamnent timidement le coup de force. Hier, le Soudan, le Tchad, le Mali, et aujourd’hui la Guinée. Les causes sont toujours les mêmes : confiscation du pouvoir, déficit de démocratie, mal gouvernance. L’issue est aussi prévisible; révoltes, putsch et incertitudes. La communauté internationale devrait apprendre à condamner les causes des instabilités avec autant de vigueur qu’elle ne condamne les conséquences

Votre message à l’endroit de la jeunesse de votre parti, la jeunesse ivoirienne et aux personnes de l’ancienne génération ?

Moi, j’ai beaucoup observé la vie de la nation ivoirienne. Ce que j’ai constaté, c’est que le président Félix Houphouët-Boigny qui est notre référent politique, a fait confiance très tôt aux jeunes. Les membres du Bureau politique du Pdci et des autres instances du parti étaient très jeunes. Autour de lui, il n’y avait que des jeunes et ces jeunes ont fait des miracles. Aujourd’hui, que des jeunes compétents, volontaires, dynamiques, prennent leur responsabilité, cela devrait être encouragé.

On ne peut pas toujours se réfugier derrière les papas, les oncles, les anciens et exiger d’eux des efforts qu’ils ne peuvent plus faire. Il y a une position de confort que nous constatons. Il y a beaucoup de jeunes qui manquent de courage et qui ne veulent pas monter au créneau et qui attendent que les anciens leur confient des petites missions qu’ils font. C’est comme un enfant qui ne veut pas partir de la maison. A un moment donné, il faut se prendre en charge. Et ce temps-là est arrivé au Pdci pour que ces jeunes entrent en action.

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